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Ministry: « Hate To Go », départ définitif ou rappel habituel ?

Le dernier album de Ministry, « Hate To Go (Take Out Or Delivery) », marque un tournant pour le metal industriel, soulevant la question : s'agit-il d'un véritable adieu ou d'un nouveau chapitre dans un genre où les départs sont souvent temporaires ?

Publié
18 octobre 2026
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4 min
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Photo : Edifortini / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Le metal industriel a toujours prospéré sur la confrontation et une certaine défiance, faisant des adieux authentiques un spectacle rare et souvent débattu. Alors que Ministry s'apprête à sortir son 17e et prétendument dernier album studio, Hate To Go (Take Out Or Delivery), le 30 octobre 2026, le genre se trouve face à une question familière: s'agit-il d'une déclaration artistique définitive d'un groupe pionnier, ou simplement d'une sortie soigneusement orchestrée dans une scène souvent réticente aux adieux finaux ?

Al Jourgensen, la force indéniable derrière Ministry depuis 45 ans, a été catégorique dans sa décision d'arrêter. Il affirme que le groupe a fait son temps, estimant qu'il a mené son genre aussi loin que possible. Pour Jourgensen, le nouvel album représente l'aboutissement de quatre décennies des mêmes éléments, une épitaphe appropriée à une carrière qui a débuté à Chicago en 1981 et qui se clôt désormais. Il a déclaré publiquement: « Je suis vraiment content de cet album et je pense que c'est l'aboutissement de 40 ans des mêmes éléments », ajoutant: « c'est une bonne façon de tirer sa révérence. » Jourgensen est également franc quant à son enthousiasme décroissant à continuer dans cette veine: « Je ne suis pas enthousiaste à l'idée de continuer à faire ce genre de musique ou la musique en général. Je pense juste que MINISTRY a fait son temps. »

L'adieu du pionnier réticent

La lassitude de Jourgensen s'étend au-delà de la musique elle-même. À 68 ans, il évoque un désir pour d'autres intérêts, une voie qu'il avait initialement envisagée comme professeur d'histoire. Il a célèbrement comparé sa carrière musicale à la lutte de Michael Corleone pour quitter l'entreprise familiale, déclarant: « Chaque fois que j'essaie de sortir, ils me ramènent dedans. » Ce sentiment se reflète dans sa position actuelle concernant la promotion et la vie publique, où il admet en avoir « marre des interviews, des vidéos, et de tout le travail de promotion. C'est l'aspect le plus hideux de ce métier. » Jourgensen a exprimé le souhait de devenir la « Greta Garbo de la musique industrielle » et d'être simplement laissé tranquille, visant à se fondre dans la masse et à vivre comme une « personne normale parmi les masses » après 45 ans sans emploi conventionnel. Le sentiment derrière Hate To Go (Take Out Or Delivery), malgré son titre, n'est pas une réticence à partir, mais plutôt une paix profonde avec la décision de se retirer.

Sa détermination est renforcée par des problèmes de santé passés. Jourgensen a rappelé une période au milieu des années 2000 où il a fait face à de graves problèmes de santé, y compris un ulcère perforé, affirmant qu'il « était mort » avant d'être réanimé. Aujourd'hui, en bonne santé, il y voit un moment opportun pour quitter le « monde des vivants », un sentiment qui souligne la finalité qu'il ressent.

Un héritage d'évolution et d'impact

Le parcours de Ministry, depuis leurs premiers singles synth-pop sur Wax Trax! Records et leur premier album LP With Sympathy en 1983 jusqu'à leur son abrasif et stylisé sur des albums fondamentaux comme Twitch (1986) et The Land Of Rape And Honey (1988), définit une trajectoire de transformation incessante. Ils sont devenus des pionniers de la musique industrielle, connaissant finalement le succès grand public et leur première de six nominations aux Grammy avec Psalm 69: The Way To Succeed And The Way To Suck Eggs (1992). L'histoire du groupe comprend 17 albums studio, huit albums live, de multiples campagnes de tournée et une influence significative sur le genre.

Hate To Go (Take Out Or Delivery), sorti via Cleopatra Records, conserve le mordant critique du groupe, Jourgensen ayant encore « quelques dernières choses à dire sur l'état du monde, ceux qui sont aux commandes et comment nous devrions tous collectivement aller de l'avant », selon un communiqué de presse. L'album présente une dernière collaboration avec le membre historique Paul Barker sur le morceau de clôture « We're Still Here », aux côtés des membres actuels du groupe, les guitaristes Monte Pittman et Cesar Soto, le bassiste Paul D'Amour, le sampleur/synthétiseur John Bechdel et le batteur Pepe Clarke Magaña. Il a été précédé de singles tels que « Burned Out », « We Hate » et « Singularity ».

Le chapitre final, ou un autre rebondissement ?

Les icônes industrielles ne s'en iront pas sans bruit, ayant planifié une tournée d'adieu internationale. La tournée « Goodbye Europe » avec l'invité spécial DIE KRUPPS commencera en avril 2027, suivie d'une tournée complète aux États-Unis. Ces spectacles, incluant des apparitions dans des festivals comme Louder Than Life et Sick New World Texas, mélangeront des titres du nouvel album avec des succès classiques. L'annonce de Hate To Go (Take Out Or Delivery) comme étant le dernier album du groupe est claire, mais Ministry a déjà annoncé une « pause indéfinie » en 2013, avant d'être « déterré à nouveau » en 2018. La question pour les fans de longue date est alors de savoir si c'est vraiment la dernière fois que nous entendrons parler d'Al Jourgensen et de Ministry, ou si l'attrait magnétique de la création et de la performance le ramènera, une fois de plus. Compte tenu du désir exprimé par Jourgensen pour une vie tranquille, cet adieu semble plus définitif, une sortie calculée de la « roue de hamster qu'est le monde du divertissement ».

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