Industrie musicale
Rédaction Musisfera
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Le procès de « Party » de Chris Brown met en cause la renonciation à l'audit

Un producteur qui se défend seul affirme que Sony l'a payé moitié moins et a présenté comme « non modifiable » un formulaire sans audit. Ce ne sont que des allégations, mais elles révèlent une faiblesse.

Publié
24 octobre 2026
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Qui sait vraiment si un producteur a été correctement payé sur un tube ? Pas le producteur, en général. Le label détient les relevés, et le producteur détient une signature vieille de plusieurs années et beaucoup de confiance. Une nouvelle plainte au sujet d'un single de Chris Brown met ce déséquilibre sur la table.

La version d'une seule partie, mais c'est la paperasse qui est intéressante

Selon Music Business Worldwide, Ishmael Sadiq Montague, qui a coproduit le single « Party » de Brown (2016) sous le nom d'ISM, a assigné Sony Music Entertainment le 16 octobre devant un tribunal fédéral de New York. Il réclame au moins 1 247 500 dollars, plus des dommages et intérêts punitifs, et se représente lui-même. Il soutient que le contrat prévoyait une royauté de producteur de 3 %, devenue 1,5 % pour lui après partage avec le coproducteur A1, et que Sony a appliqué 0,75 %. Il affirme aussi que Sony a tardé six semaines à rediriger ses paiements vers une société qui avait accepté d'acheter ses droits à royalties.

Tout ceci relève de l'allégation. Chris Brown n'est pas défendeur et, d'après la plainte, comme le rapporte AllHipHop, le juriste interne de Sony a nié toute responsabilité le 15 octobre et jugé l'affaire « entièrement réglée ». La position de Sony n'a pas encore été plaidée devant un tribunal.

Le sous-paiement est la partie ennuyeuse

Une erreur de taux de royalties est grave, mais c'est aussi le genre de chose qui arrive et qu'un audit sert à repérer. Dans le dossier, un examen par un tiers a repéré l'écart en juillet 2026, presque dix ans après la sortie du titre. Cette chronologie est justement le point: si l'on sait quelque chose, c'est que quelqu'un a pu vérifier.

C'est pourquoi l'allégation la plus intéressante concerne le formulaire. Montague dit que Sony a insisté pour qu'il signe une lettre d'instruction reconnaissant que le bénéficiaire n'avait aucun droit d'auditer Sony ni ses sociétés affiliées, et que ses représentants ont qualifié les conditions de « rigides » et de « non modifiables ». Pourtant, selon lui, les métadonnées du fichier montrent qu'un employé de Sony a créé un autre formulaire le 13 août. Quand il a refusé par écrit le 25 août, l'alternative est arrivée en une heure et demie environ, et il l'a signée le 29 août.

Si cela se confirme, la « politique de l'entreprise » signifiait « par défaut, jusqu'à ce que quelqu'un proteste ». Cela devrait inquiéter, selon nous, quiconque signe ces documents sans avocat. Renoncer au droit d'audit n'est pas une formalité: c'est abandonner les justificatifs.

Les labels devraient être tenus à des conditions plus claires

Les déclarations prétendument contradictoires de Sony complètent le tableau. La plainte indique qu'un représentant a écrit le 24 juillet que Sony « ne rendait déjà plus de comptes au producteur », puis a confirmé le 28 juillet: « nous rendons des comptes sur le titre de Chris Brown ». Montague cite des relevés de revenus montrant des paiements directs depuis au moins 2020. Quelle que soit la décision du tribunal, il est difficile de défendre un système où un producteur doit prouver que son propre compte existe avant qu'on le déplace.

Notre avis: les changements de bénéficiaire et les cessions de royalties sont courants, d'autant que de plus en plus de créateurs vendent des parts de catalogue contre de l'argent. Ils devraient suivre des conditions standard et publiées, avec le droit d'audit intact et sans moyen de pression. Un label qui détient l'argent et la procédure ne devrait pas non plus avoir le pouvoir discrétionnaire de décider quand une politique est rigide.

Il y a une réserve. Le montant des dommages réclamés par Montague n'est pas, selon les termes de la plainte, « un calcul de royalties » mais un prix pour un comportement, et l'acte d'un plaignant sans avocat ne donne qu'une version. Sony peut avoir une explication pour les 0,75 %, et le formulaire alternatif n'avait pas été diffusé à tous les bénéficiaires de royalties, selon le dossier. Ces questions restent ouvertes.

Lisez la clause d'audit avant de signer quoi que ce soit

Si vous êtes producteur ou petit détenteur de droits, lisez la clause d'audit, demandez s'il existe un autre formulaire et considérez « non modifiable » comme une première offre. Si vous êtes un label, la solution la moins chère pour votre réputation est une norme claire et publique. L'affaire peut aboutir ou échouer, mais la paperasse qu'elle décrit mérite d'être corrigée dans tous les cas.

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