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Dead Man's Bones revient : aux chansons, pas à Gosling, de porter le projet

Après 17 ans, Ryan Gosling et Zach Shields reviennent avec de la nouvelle musique. La célébrité achète une première écoute, seules les chansons offrent une seconde vie.

Publié
23 octobre 2026
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3 min
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Existe-t-il un genre plus décrié que le groupe de la star de cinéma ? Nous avons tous appris à nous préparer au projet de vanité: le haussement d'épaules poli, les écoutes par curiosité, la disparition discrète. Dead Man's Bones, le duo formé par Ryan Gosling et Zach Shields, revient après 17 ans, et la question intéressante n'est pas de savoir si le public va cliquer. C'est de savoir si quelqu'un s'y intéressera encore dans un mois.

Ce que l'on sait, ce qui n'est pas encore grand-chose

Le retour est annoncé, mais les détails sont minces. Selon dpa, de la nouvelle musique est attendue le mardi 27 octobre, comme l'indique une vidéo partagée sur Instagram par Eva Mendes, l'épouse de Gosling. Leur premier album éponyme est sorti le 6 octobre 2009 chez ANTI- Records; il a été enregistré avec le Silverlake Conservatory Children's Choir. Nous n'avons ni titre, ni liste des morceaux, ni précision sur la nature de la sortie (single, EP ou album): tout ce qui suit relève donc de l'opinion sur une page blanche.

Le premier album a déjà prouvé que la formule fonctionne

Voilà pourquoi nous sommes plus optimistes que le bilan du genre ne le mérite. Ce premier disque n'a jamais été conçu comme un véhicule pour une star. Selon la page du label du groupe, il est né comme bande originale d'une pièce de théâtre sur une histoire d'amour entre un monstre et un fantôme. Les deux hommes jouaient de tous les instruments, même de ceux qu'ils n'avaient jamais touchés, et s'étaient fixé des règles: pas de métronome, pas plus de trois prises par chanson. C'est un groupe doté d'un concept et d'une contrainte, et c'est ce qui sépare un projet d'un passe-temps.

La preuve se trouve dans le chemin parcouru par cette musique sans lui. « In the Room Where You Sleep » s'est retrouvée dans la bande originale de The Conjuring, et « Lose Your Soul » figure dans la série Netflix The Boroughs (2026), selon Wikipédia. Behemoth aurait également puisé dans l'idée du chœur d'enfants pour son album de 2018. Un disque qu'on continue d'emprunter et de placer des années plus tard n'est pas une curiosité de célébrité. À notre avis, c'est un album culte qui porte par hasard un nom célèbre.

La célébrité est un prêt, et 2026 en est l'échéance

Le danger est évident. Gosling arrive avec un poids culturel bien supérieur à celui de 2009: l'article de dpa rappelle sa prestation de « I'm Just Ken » dans Barbie en 2024 et l'Oscar 2017 pour « City of Stars », tiré de La La Land. Cela aide pour l'attention et nuit aux attentes. Le public qui l'a découvert avec Ken voudra peut-être un clin d'œil. Un groupe bâti sur des chœurs d'enfants inquiétants et une fantaisie gothique sincère ne peut pas faire de clin d'œil sans se briser.

À notre avis, le plus judicieux serait de résister à toute tentation de capitaliser sur le moment. Pas d'ironie, pas d'emballage nostalgique, pas d'appui sur le personnage du cinéma. Le premier disque fonctionnait parce qu'il prenait les fantômes au sérieux. Une suite qui jouerait le même jeu, avec la même imperfection artisanale, ferait aussi ce qu'un projet de célébrité classique ne fait jamais: paraître volontairement un peu ringard.

Il y a aussi un vrai avantage pour nous tous. La machine publicitaire poussera des auditeurs curieux vers un album vieux de 17 ans qui, selon nous, méritait un public plus large. Des rétrospectives l'ont déjà qualifié de sous-estimé, et pour une fois, le nom qui fait les gros titres pourrait rendre service à ce qui est sous-estimé.

Notre verdict

Écoutez le 27 octobre avec un test en tête: le mettriez-vous si vous n'aviez jamais entendu parler de la personne qui chante ? Si oui, Dead Man's Bones aura mérité une seconde vie. Sinon, ce sera un cycle d'actualité, et le premier album restera discrètement le meilleur argument. Nous parions sur les chansons, surtout parce que la première fois, il n'y avait qu'elles.

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