La guitare de Faith de George Michael et le prix d'un héritage
Guitare, Filofax et querelle familiale montrent à quelle vitesse on chiffre la mémoire d'une légende, et pourquoi les fans doivent exiger la clarté : ce qui est vendu, par qui, au nom de qui.
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À qui appartient la mémoire d'une légende: aux fans qui l'ont chantée, à la famille qui l'a protégée, ou à celui qui détient les papiers ? La guitare de Faith de George Michael est mise aux enchères aujourd'hui, et la réponse, désagréablement, semble être la dernière.
Les faits sont simples. Sworders vend 32 lots sous le titre « Faith & Fame », issus de la collection de Siobhan Bailey, assistante personnelle de Michael pendant environ 20 ans. La pièce maîtresse est une guitare Gretsch Synchromatic du clip de Faith, en 1987, estimée entre 60 000 et 120 000 livres sterling. Bailey est morte en 2014. Son veuf, Ian Belcher, dont elle était en train de se séparer, a hérité de sa succession et vend. Son frère, Gerard Bailey, a déclaré à la BBC qu'elle rédigeait un testament qui aurait légué les objets à ses neveux et nièces, mais qu'il n'a jamais été enregistré. Comme le souligne l'article d'AOL, rien n'indique que Belcher n'ait pas le droit légal de vendre.
Légal et équitable ne sont pas synonymes
Ce dernier point est le plus important. Sworders affirme que le titre de propriété n'est pas contesté, et au vu des documents, cela semble exact. Mais « c'est légal » est le plancher de ce débat, pas le plafond. Un testament commencé et jamais terminé, c'est la plus vieille histoire des successions, et il laisse un vide que le marché comble très efficacement.
Notre avis: la maison de ventes n'est pas la méchante de l'histoire, et l'héritier non plus, lui qui exerce simplement ses droits. Mais quand le catalogue est construit autour du nom de Bailey, de son amitié et de son statut de « confidente de confiance », la vente s'appuie sur une relation à laquelle elle ne peut plus consentir. La demande de son frère était modeste: présenter les lots comme la propriété de Belcher, ou ne pas utiliser le nom de sa sœur. C'est une demande raisonnable, et peu coûteuse à satisfaire.
Les lots les plus personnels sont le vrai test
Un disque d'or de Wake Me Up Before You Go-Go, estimé entre 200 et 500 livres sterling, c'est une chose. Un Filofax de la tournée Faith de 1988, rempli de notes manuscrites de Bailey, en est une autre. Il était estimé jusqu'à 600 livres sterling et, selon les informations publiées, les enchères avaient atteint 1 750 livres sterling avant la vente. Des photos dédicacées à son nom et des objets marqués « non à vendre » figurent dans le même catalogue.
C'est là, selon nous, que se loge le malaise. Les fans adorent ce genre de pièces, et il n'y a rien de honteux à vouloir un morceau de l'ère Faith. Mais le journal intime d'une relation de travail n'est pas un trophée: c'est la vie de quelqu'un. L'ensemble des archives devrait dépasser 200 000 livres sterling, et ce chiffre montre ce que vaut désormais, comme produit, la discrétion d'une assistante effacée.
La transparence est le minimum que les fans devraient exiger
Elargissons le tableau. Michael est mort en 2016, et des batailles judiciaires distinctes autour de sa succession auraient porté sur un album inédit et sur un ancien ami et manager. Cette vente ne fait pas partie de cette affaire, et nous ne ferons pas semblant du contraire. Mais le schéma se ressemble: un héritage est monétisé par morceaux, par des mains différentes, tandis que sa propriété morale reste en suspens.
Que devraient demander les fans ? Pas l'interdiction des ventes de souvenirs, qui sont aussi anciennes que le fandom. Seulement trois choses: dire clairement qui vend, d'où viennent les objets et qui en tire profit. Si une famille proteste publiquement, le vendeur devrait y répondre plutôt que de se retrancher derrière la procédure. Belcher n'était pas joignable pour commenter, et Sworders a indiqué qu'elle n'est « pas bien placée pour commenter une affaire de famille ». C'est exact, mais cela ne répond pas à la demande du frère.
Notre verdict: enchérissez si vous y tenez, mais lisez le catalogue comme une biographie, pas comme une liste de courses. La guitare trouvera preneur. La meilleure question est de savoir si l'on a jamais demandé leur avis à ceux qui connaissaient vraiment Michael, et Bailey.
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